D’Âmes Sœurs

Vénus, idoles, femmes sauvages
Figures archaïques façonnées dans la laine, entre corps symboliques et formes premières.
Le geste textile, lent et répétitif, convoque une mémoire ancienne et tactile.
Présences silencieuses, elles relient le contemporain à des origines enfouies.

La plupart de mes figures s’inscrivent dans le sillage des statuettes préhistoriques communément appelées « vénus ». Cette appellation, héritée des préhistoriens du XIXᵉ siècle, projette sur ces formes anciennes une lecture réductrice : celle d’un idéal féminin associé à la déesse de l’amour et de la beauté, nécessairement associé à la fertilité et à la séduction.

Si je conserve néanmoins l’appellation de « vénus », c’est en pleine conscience de son héritage et de ses limites, comme un mot chargé d’histoire, que je ne cherche ni à valider ni à effacer. En le gardant, je souligne justement l’écart entre ce qu’il désigne et ce que mes figures proposent — ouvrant ainsi un espace critique où cette dénomination peut être réinvestie autrement.

Ainsi ces « vénus » préhistoriques constituent une matrice — non comme modèle à reproduire, mais comme point d’ancrage. J’en retiens la puissance des volumes, la présence presque tellurique, la dimension sacrée. Récemment, j'ai entamé un nouveau travail autour de la figure de l'idole et de la femme sauvage…

Néanmoins, je les conçois toutes, vénus, idoles, femmes sauvages, comme des invitations à retrouver un lien sensible avec ce qui nous dépasse, à percevoir la puissance des présences silencieuses, à réactiver des espaces de mystère et d’émerveillement.

Mon geste, dans la matière feutrée, tente de faire résonner ces dimensions oubliées, en faisant du corps un territoire où le visible et l’invisible se rencontrent.

Idoles aux yeux, environ 25x10x4cm
Idole aux yeux, 18x11x5cm
Idoles, 18x8x6cm
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